Direction d’école : résistons ensemble contre la caporalisation de l’école voulue par le RN.
L’extrême droite et la droite réactionnaire ont une obsession : faire des directeurs·trices d’école des petits·es chefs·fes. Leur objectif est simple : c’est de caporaliser à tous les niveaux, pour mieux diviser et contrôler une profession – la nôtre – qui par son seul nombre et les valeurs qu’elle incarne représente une masse critique capable de lui opposer une résistance massive si jamais elle devait accéder au pouvoir.

Le 26 mai 2026, 65 députés·es du Rassemblement National, emmenés·es par l’infâme Roger Chudeau, ancien Inspecteur d’Académie et "Monsieur Éducation" du RN ont ainsi déposé une « proposition de loi visant à créer un corps de directeurs des écoles publiques ».
Déplorant que le ou la directeur·trice d’école ne soit qu’un « primus inter pares » (c’est-à-dire un « premier parmi les pairs » dépourvu de pouvoirs propres, une formule qui souligne l’égalité formelle entre les membres d’une équipe et le fait que les décisions soient prises au consensus), iels souhaitent créer pour eux un statut de chef·fe d’établissement calqué sur le second degré (collèges et lycées).
La proposition de loi propose donc de créer un nouveau corps, celui des directeurs·trices, qui concernerait des écoles de 12 classes et plus, ET des réseaux d’écoles d’au moins douze classes (par exemple 4 écoles, pas nécessairement en RPI, respectivement de 3, 3, 2 et 4 classes). Quel bonheur !
Imaginez donc le ou la directeur·trice de votre réseau, qui vient vous demander des comptes sur chacune de vos 108 heures, vos APC, vos remontées d’évaluations nationales (et vos résultats à ces mêmes évaluations !), votre pédagogie, vos projets, vos livrets, le LPI, qui tamponne ou non votre demande d’autorisation d’absence et vous évalue en entretien de carrière, pressurisé par un·e IEN qui aura trouvé le maillon idéal pour mettre la pression sur les PE sans avoir à le faire lui/elle-même… Le rêve…
La FSU-SNUipp revendique pour tous·tes les directeurs·trices d’école des aides administratives, davantage de décharge de direction, et, comme pour tous les enseignants·es, des hausses massives de salaires pour compenser la paupérisation constante d’une profession toute entière.
Mais elle n’oublie jamais le socle de nos valeurs communes : celui d’un collectif d’école auto-administré entre pairs, dont le ou la directrice est un·e animateur·trice – sans jamais en devenir le petit tyran toxique, qui finira par avoir des primes s’il parvient à faire baisser le nombre de jours d’absences de son équipe et saura vous le faire comprendre.
L’école est toujours, partout et systématiquement, la cible prioritaire de l’extrême-droite. Les premières mesures du régime de Vichy ont été pour elle, et Trump, 85 ans après, détruit l’enseignement et la recherche universitaires. Elle ne supporte pas que les valeurs universelles de l’éducation (le savoir, l’émancipation, le vivre-ensemble...) puisse être portées par 800 000 enseignants·es dans les 45 000 écoles, collèges et lycées du pays en portant des valeurs absolument contraires à son projet de société.
Certains·es directeurs·trices harassés·es (et on le comprend, et on les soutient), commettent l’erreur de céder à ces sirènes. Iels n’ont pas compris qu’iels ne sont que l’instrument des politiques les plus réactionnaires, le jouet avec lequel le pouvoir politique et administratif pourra s’amuser comme le chat avec une pelote de laine, et qu’iels y perdront tout : le sens de leur mission comme l’estime de leurs collègues, et au final leur propre estime d’eux-mêmes (parce que pour info, une majorité de personnels de direction des collèges et lycées déclarent une grande souffrance dans l’exercice des missions que leur hiérarchie leur inflige, comme leur syndicat majoritaire SNPDEN-UNSA en témoigne dans ses publications successives).
Iels sont emmenés·es dans ce combat par Thierry Pajot, un ancien responsable départemental du MODEM (le parti de François Bayrou, tout un symbole) qui s’est présenté pour ce parti aux élections législatives, candidat pro caméras de surveillance et places de stationnement aux dernières élections municipales sur une liste « divers droite » dans sa commune, et qui semble avoir largement dérivé vers la droite en créant son syndicat personnel, le S2DÉ (Syndicat des Directeurs et Directrices d’École), groupuscule désormais voué à servir de caution au RN (il était d’ailleurs allié lors des dernières élections professionnelles au SNE, un autre syndicat groupusculaire et réactionnaire de l’Éducation nationale). Mais attention : ils se revendiquent bien sûr « apolitiques » !
Dans sa lettre info du 4 juin 2026 (elle est dans toutes vos boîtes professionnelles), le S2DÉ laisse entendre qu’il aimerait bien soutenir cette proposition de loi en se gardant bien de préciser qu’elle est signée du RN. Trompe-t-il volontairement ses lecteurs·ices ?
La FSU-SNUipp a d’autres ambitions : fédérer l’ensemble de la profession (adjoint·es, directeurices, remplaçant·es, TRS, enseignant·es spécialisé·es, conseiller·es pédagogiques, psy-EN, AESH...) pour mener des luttes collectives qui améliorent nos statuts, nos salaires et nos conditions de travail, à toustes et sans exclusive, dans l’objectif d’une école et d’une société plus égalitaires, plus démocratiques, plus sociales et plus écologiques.
Nous serons toujours les adversaires déterminés de l’extrême-droite et de tous ses relais et ses soutiens, y compris syndicaux.
Rejoignez-nous pour l’emporter !